♪
EN CHANSONS...

♪ La playlist de février ♪

Tout le monde fait des playlists...Alors je fais comme tout le monde...Si c'est pas malheureux...^^
(Forcément à lire en musique...Sinon ça fait un peu liste de courses:)


Le petit âne gris

Redécouverte au hasard d'une radioblog...La chanson colo qui m'a toujours fait pleurer...Emprunte de nostalgie...Des les premières notes j'ai comme des frissons tellement ça m'évoque de choses...Concentré d'images et de sensations de cette époque qui reviennent...
Une petite brulure de soleil imaginaire, assise dans l'herbe avec quelques copains , un mono , une guitare et nos petites voix qui reprennent cette chanson en choeur...
Des voix que j'entends encore en écho parfois, quand j'écoute l'originale...

C'est écrit

Ambiance pas bien définissable...De ce genre de chansons qui dès la premiere note évoquent quelque chose sans qu'on parvienne bien à décrire ce que c'est...Une sensation, un souvenir d'atmosphère qu'on touche du doigt l'espace de quelques instants...Et puis on essaie de mettre des mots ou des images sur ces quelques accords et l'impression du départ fuit...Pas de mots pour ces chansons...Juste des sensations...
Emprunte musicale d'émotions passées...Je peux tout juste glisser ma main dedans et voir que ca colle a la perfection...Et puis me laisser porter par la mélodie...

The Scientist

Simplement des frissons sur l'intro...Quelques notes qui vous remuent un homme...(ou une femme^^). Et puis des souvenirs associés...Notemment un réveil après une nuit alcoolisée sous la neige...A 7h, je fais le ménage dans le salon, et puis cette chanson se lance sur le lecteur...Je repose le balai...Je me laisse tomber dans le fauteuil qui est collé à la fenêtre et je regarde la neige qui tombe encore faiblement...Les toutes dernières gouttes du réservoir de poussière blanche...Et je reste la...Comme ça...Sans bouger pendant les 5min04 que dure la chanson...

What About Love

Juste l'envie de partir en voiture très loin...Sans se retourner...Fenêtres ouvertes...Avec ça qui défile à fond sur l'autoradio...Qui donne envie de dépasser la limite autorisée et de rouler plus fort que la musique...Cette vieille mélodie des années 80 pour seule compagnie...Presque je prendrais le risque de fermer les yeux...

Lili

Une nostalgie incroyable mêlée de douceur cette chanson...Elle me colle une boule au ventre...
Paradoxalement elle donne envie de sourire et de fermer les yeux en l'écoutant simplement...Sans autres artifices...

Jusqu'au ciel

Kain...Quelques accords de guitare acidulés, des mots toujours justes...Une ambiance particulière...Donne également envie de partir sur les routes..."Dans ma boite a roulettes, ouais dans ma bulle mobile...(8)"
J'lécoute, j'ai des images de soleil couchant en tête, et puis de périple à la Road 66...
"Je chanterai jusqu'au ciel et pour l'éternité, regardez bien les étoiles, vous les verrez danser (8)"

You raise me up

Reprise de Josh Groban...(J'aime énormément l'originale aussi)...Cette reprise est belle...La seule qui trouve grâce à mes yeux...Enfin à mes oreilles :)
Moins de frissons sur la fin peut être qu'avec Josh...Quoi que...
Et puis une douceur et une sensibilité qui me touchent dans l'alliance avec la voix féminine...

Je suis de celles

Simplement le souvenir de moments particuliers d'il y a tout juste un an...Musique qui a accompagné quelques discussions nocturnes et qui me renvoie à tout ça...
Et puis juste parce qu'elle est belle...

What you're made of

Ma chanson révolte ^^ Je l'ai découverte il y a environ 1 an et demi...J'ai accroché sur les refrains et puis sur la ptite montée de la fin...
C'était ce genre de ptites chansons que personne connait, qui vous foutent des frissons quand vous la découvrez pour la première fois, et que vous ne partagez ensuite qu'avec quelques élus dignes de découvrir ce ptit interlude musical que vous aimez tant...
Puis la fée variété est passée par la...Et un star-academicien l'a reprise avec elle...C'est devenu ce truc qui passe à la radio et que tout le monde connait...Comme si on m'avait volé ma découverte...
Je préfere cent fois cette version a la reprise :)
Plus récemment elle me rappelle l'autre soir...(Dédicace à un cow boy jeune et con :)

Je n'aurai pas le temps

A longtemps été ma chanson préférée...Juste belle et vraie :)

Même en courant
Plus vite que le vent
Plus vite que le temps
Même en volant
Je n'aurai pas le temps
Pas le temps

De visiter
Toute l'immensité
D'un si grand univers
Même en cent ans
Je n'aurai pas le temps
De tout faire


♪ ♪ ♪

A dans un mois pour la suite...

(Un mois ? Maximum bien sur ! Le temps d'trouver Panoplaylist et d'revenir...:)


# Posté le dimanche 04 février 2007 12:24

Modifié le dimanche 04 février 2007 19:24

Tant qu'on rêve encore...

oOo Music was my first love oOo

Je lui ressemblais un peu à 12 ans à cette fille...
En salopette et en t-shirt, le plus souvent (enfin l'été) coiffée d'une queue de cheval...
Toujours dehors...

Toi, t'étais son sosie à lui...Petit blond à lunettes...
Le même air intelligent j'en suis sure (enfin peut être ^^)

Des kilomètres nous séparent...Quelques années aussi...
Mais admettons...
Un monde ou les choses auraient été différentes...

On aurait grandi ensembles...

"Pour dire" on aurait eu le même âge, la même ville, le même quartier...La même école...La même enfance :)

Ensembles on aurait regardé L'Histoire sans fin un nombre incalculable de fois..Tous les 2 bien calés au fond de mon canapé...On aurait savouré ces moments, un verre de sirop à la main et un choco BN dans l'autre.
On aurait mangé uniquement le dessus du choco juste pour pouvoir lécher tout le chocolat du visage en dessous après. Parce que c'est le meilleur...

Ensembles on aurait passé des centaines d'après-midi dehors à refaire le monde. Le soleil brulant doucement nos épaules, une gourde remplie de grenadine pour seule compagnie...On l'aurait ouverte et on aurait simplement senti dedans...Parce que l'odeur de la grenadine dans la gourde c'est encore meilleur et plus doux que le gout de la grenadine en elle même...

Ensembles on aurait construit des cabanes, forcément. Et puis on aurait joué à Fantasia. Tu serais Bastien Balthazar Bux, logique... Et moi j'aurai été la petite Impératrice.
Des fois j'aurai été aussi Atreyu et toi son cheval...Ben oui, faut bien faire avancer l'histoire non ?^^

Ensembles on aurait fait des courses à vélo...On aurait trouvé une belle pente, super vertigineuse...Et on l'aurait appelé "La Pente de la Mort"...On aurait passé des après-midis entiers à la remonter, le vélo à la main, et à la redescendre à toute vitesse...
Toujours plus vite, toujours plus fort, les cheveux dans les yeux...Emplis de cette impression ennivrante de liberté totale...
Cette sensation que le monde est à nous juste parce qu'on pédale de toutes nos forces... Si fort qu'on oserait croire qu'on peut s'envoler comme Eliott dans E.T...Et ça sans avoir besoin de trimballer Jeanne Moreau dans l'porte bagage...(dédicace à L.Gerra^^)

Ensembles on aurait révisé nos tables de multiplications...Tu m'aurais expliqué le théorème de Pythagore, j'taurai appris à parler en litotes et hyperboles avant l'âge (^^)

Ensembles on aurait regardé les dessins-animés le mercredi après-midi...

Et puis on serait allés à l'école tous les matins en discutant joyeusement et en commentant le film de la veille qu'on aurait exceptionellement eu le droit de suivre, même si y avait école...

T'aurais mangé à ma table à la cantine...Et on aurait regardé notre âge sous nos verres...

J'taurai appris à jouer du piano, et toi tu m'aurais montré quelques coups imparables de ping pong...
Y aurait même eu une table dans ton garage ou ton jardin tiens, et l'été on aurait joué jusqu'au bout de la nuit ...
(au moins 22h/22h30 quoi !)

On aurait alors savouré la fraicheur de ces belles soirées en silence...Silence troublé uniquement par les poc poc de notre balle sur la table...Et puis parfois les cris de déception...Parce qu'on serait mauvais joueurs...

Ensembles on aurait passé des soirées particulières...De ces soirées où nos parents sont à la même fête, au même mariage, au même baptême, ou n'importe quel autre prétexte qui rassemble des gens...
On aurait été la, avec des tas d'autres gamins, dont certains qu'on reverrait probablement jamais après...Et on aurait savouré le fait de pouvoir continuer à courir dans tous les sens à la nuit tombée...On aurait joué à cache-cache par équipes...Et on aurait joué à un deux trois soleil aussi, même si c'est impossible de voir qui bouge dans le noir...

Et puis, on aurait fini la soirée tous les deux,assis sur le petit muret au bout du jardin de nos hotes, laissant les autres continuer à s'agiter derrière nous, et on aurait simplement discuté en regardant les étoiles...Sans se rendre compte qu'on vivait des moments particuliers...On aurait juste savouré, sans chercher à comprendre...

On aurait eu un petit poste à K7, et des fois l'après-midi, on se serait allongés dans l'herbe, dans ton jardin ou dans le mien, et on aurait écouté la musique tout doucement, les yeux fermés, un peu d'herbe nous chatouillant les mains et le haut du visage... On aurait écouté Moonlight Shadow jusqu'a plus soif...Ou la version de Fields Of Gold d'Eva Cassidy...
Ou alors juste on aurait laissé défiler les musiques d'RTL2...

On aurait lu les mêmes bouquins, toujours dans le jardin...On aurait échangé nos lectures, on se serait lu des passages de L'Histoire sans Fin à voix haute en s'imaginant les scènes...On aurait rigolé sur les mêmes bd's...On aurait mangé des carambars et on se serait raconté les blagues...Avec difficulté tant nos dents seraient scotchées les unes aux autres...(La force du carambar au caramel ça...^^)

On aurait cherché la fameuse maison magique, tu sais celle avec toutes les saisons qui défilent en une journée...Parce que ça nous aurait bien plu l'idée d'un Noel tous les soirs...Alors on serait partis en expédition pour la trouver...
On serait rentrés bredouilles...Ou peut être pas :)

On se serait soutenu quand nos familles partaient en vrille...On se serait compris, parce que quelque part on vivait certaines expériences similaires...
On aurait pensé à fuguer pleins de fois...On aurait fait des listes de ce qu'il aurait fallu mettre dans nos sac à dos sur des cahiers d'école...Et puis finalement on serait jamais partis...

(De toute façon,ils ont bien trop de gosses chez Cosby Show ! Et on aurait jamais osé tenté chez Arnold et Willy finalement, même s'ils sont 2 la bas... :)

Et puis bon...Comme le père noel embauche plus...Ben on serait restés chez nous...

On aurait joué au Poker pour de faux avec des fraises Tagada comme monnaie, on aurait fumé notre première cigarette ensembles et on se serait bousillé la gorge...Mais on aurait fait mine de rien pour garder contenance devant l'autre...

On aurait tellement de souvenirs à se remémorer aujourd'hui...Des odeurs d'enfances, des secrets que personne d'autre ne doit savoir, des fausses disputes, des vraies aussi, des grosses conneries, des déguisements, des souvenirs d'été...

Au lieu de ça on ne peut que s'imaginer ce que ça aurait pu être...Si 'et seulement' si...

"On est seulement ce que l'on peut, on est rarement ce que l'on croit.
...
On choisit jamais de vieillir, on voudrait rêver un peu plus...
"

:)

Il était une fois
c'est comme ça qu'une histoire commence.
On a tous en mémoire
un reste au fond de soi, d'enfance.
On part pour la vie
sans la choisir vraiment

Tant qu'on rêve encore
que nos yeux s'étonnent encore
rien n'est perdu.
Tant qu'on rêve encore
que jamais personne s'endorme ne rêve plus.
Jamais plus

On va de l'avant
dans la cours des plus grands,
faire face.
Sans défier les géants
trouver au premier rang, une place.
On remplit sa vie
parce qu'on oublie qu'elle passe...


oOo

# Posté le mercredi 31 janvier 2007 17:55

Modifié le mercredi 31 janvier 2007 20:45

Dream circles...

Dream circles...
oOo Music was my first love oOo

Au premier contact, elles étaient froides et lisses les billes....Et puis, si on effleurait plus en profondeur leur surface vitrée, on devinait d'imperceptibles petites bosses...Signe qu'elles avaient du longtemps sautiller et rouler sur le béton de la cour de l'école...

J'adorais cette sensation...La joie de deviner mes poches remplies de billes, remplies de promesses...

Pendant le temps qui précédait chaque récréation, je glissais souvent ma main droite dans ma poche tandis que de la gauche j'écrivais sagement les mots que la maitresse inscrivait au tableau...
Et puis, ainsi installée, je les faisais tourner sur elles mêmes mes billes...petits bouts d'astres froids et irréguliers...Je savourai mon trésor...

Les billes ça semblait si magique que j'avais l'impression d'avoir des étoiles au bout des doigts...

J'aurai pu passer des heures à les regarder droit dans les yeux...Je prenais une bille, je l'approchais de mon visage et je plongeais mon regard dans sa transparence irrégulière...Au bout d'un moment, c'est comme si tout un univers s'était dessiné à l'intérieur...Comme si ces ondulations vertes et bleues se transformaient en décor d'un monde imaginaire...En étendues de verdures et ciels reposants...Il y avait tout un monde à découvrir dans ces petites sphères la...

A l'époque si on m'avait proposé de choisir entre un coffre rempli d'argent et un autre rempli de billes, j'aurai choisi les billes sans hésiter...Ou alors peut être que j'aurai pris l'argent mais uniquement pour pouvoir m'acheter le plus de billes possible...

Tout comme un billet de 50 francs valait plus qu'un billet de 20 francs, un calot valait bien plus qu'une bille...Un méga calot plus qu'un calot etc...
C'était notre première monnaie d'échange, notre première possession rien qu'à nous...
La cause des premières bagarres, des premiers trocs, des premières désillusions...

Sauf que notre monnaie à nous elle était plus belle qu'un billet...Et personne ne tuait pour des billes...

Il y avait plusieurs règles du jeu...Ma préférée c'était quand on alignait les billes de la partie les unes à côté des autres et qu'il fallait toutes les dégommer...Celle qu'on touchait avec notre autre bille devenait la notre...

La position du tireur de bille était tout un art bien sur...Agenouillé au sol, légerement penché en avant...La langue tout juste sortie, les yeux plissés...Le tireur se préparait à l'action...Les doigts courbés dans cette position si particulière, retravaillée tellement de fois chez soi ensuite...
Et puis 'paf' on laissait partir notre index dans une petite pichenette controlée et on priait pour que la bille entre en contact avec une des dix billes alignées...

On ratait son coup...Alors on criait à l'injustice..."Y avait un caillou dabord !!"
C'est vrai quoi ! Il avait détourné notre bille de sa trajectoire ! C'etait pas normal...Il fallait recommencer le coup...
Bien entendu, notre copain, qui venait de toucher cette même bille juste après notre échec ne l'entendait pas de cette oreille...
"Joué c'est joué ! T'avais pas dit que c'était pour du beurre ! Alors ça compte !"

Parfois on arrivait le matin, les poches pleines de billes...La veille on était allé faire des courses avec sa mère, et cette dernière avait cédé devant notre regard implorant au rayon jouets...
On arrivait donc fièrement, avec nos 20 nouvelles billes au fond des poches,qui habillaient notre démarche d'un petit bruit agréable...Celui des sphères frottées les unes aux autres...Un bruit un peu comme le chant des grillons en été...
On arrivait avec les poches qui chantaient donc...

Et puis, on repartait tristement à 16h45...Trainant notre cartable sur le sol...On se dirigeait la larme à l'oeil vers notre mère qui nous attendait devant l'école tout en discutant avec la mère de Julien...
-Eh bah alors qu'est ce qui t'arrives ? Demandait alors notre protectrice l'air inquiète.
Et nous on jetait un regard assassin à la mère de notre copain...Et on articulait difficilement entre deux sanglots :
-Ju...Julien y...Y m'a gagné toutes mes billeeeesss...
Et on fondait en larmes...

C'est marrant, j'ai jamais vu personne avoir la même réaction après avoir perdu de l'argent...

C'est que notre monnaie à nous elle valait bien plus...C'était le passeport des récréations réussies...Le visa pour des journées particulières...
Ma plus grande hantise "Etre de ceux qui n'avaient pas de billes..." Ceux qui au plus fort de la mode erraient dans la cour de récréation comme des âmes en peine...Jetant un regard envieux à ceux qui avaient la chance de posséder une collection impressionante...

Parfois le destin était généreux avec ceux la, dont j'ai parfois fait partie...Il nous offrait,tel un petit clin d'oeil, une bille sur notre chemin...On sortait du réfectoire en courant avec nos copains et puis, tout à coup on s'arrêtait net,stoppés dans notre course par un leger reflet brillant venait d'attirer notre attention...Juste là...tronant au beau milieu d'un petit coin d'herbe, une bille abandonnée semblait nous attendre sagement...

Alors on jetait un regard à gauche puis à droite, pour s'assurer qu'on ne volait la bille de personne...Et on se précipitait pour l'attraper...

Parce qu'avec une seule bille on pouvait se refaire mine de rien...

16h45, on sortait en courant de la classe, les poches chantantes et le cartable se balançant dans tous les sens sur notre dos trop petit pour lui. On rejoignait sa mère en sautillant, le sourire aux lèvres.
-Eh bah alors ! T'as l'air bien contente aujourd'hui !
Et la on regardait la mère de Julien avec un sourire moqueur-vengeur et on lançait fièrement :
-Ben ouais ! J'ai gagné toutes les billes de Julien...

Au bout de la cour, un petit garçon sortait à peine de la classe, trainant tristement son cartable derrière lui...Les poches vides...

Avec les billes on pouvait partir de rien...Et devenir le roi de la cour de récré...Un peu notre rêve américain à nous...
Sans soda, sans hamburgers et sans la guerre en Irak...

Les billes c'était un autre monde...Des dizaines d'autres mondes même...Matérialisés par de petites formes ondulantes recouvertes d'une couche de verre...C'était notre autre monde à nous...

oOo

# Posté le dimanche 28 janvier 2007 19:00

Modifié le lundi 29 janvier 2007 15:57

La si la sol fa mi (8)

La si la sol fa mi (8)
oOo Music was my first love oOo

Quelques jours avant le départ, ma mère avait patiemment cousu des petites étiquettes à nos noms et prénoms sur nos chaussettes, nos bermudas, et nos t-shirt. Elle avait aussi glissé au cas-ou un K-Way dans notre sac.Et puis on découvrait avec plaisir qu'elle avait prévu quelques bonbons et des bd's pour tenir le temps du voyage.
La veille du départ j'étais toujours excitée à la limite du supportable...On était au lit à 21h et moi je me tournais et me retournais dans tous les sens pendant des heures, jusqu'a ce que le sommeil vienne tout seul, lassé par mes mouvement répétitifs...

Le jour J, toujours la même excitation, celle du départ, de la liberté qui s'annonce...Alors que certains pleuraient dans les bras de leurs parents, tapant du pied et hurlant qu'ils ne voulaient "paaaaaas y alleeeeeeeer", j'étais souvent une des premières dans le bus. Pour être sure d'avoir une place près du carreau dans un premier temps, et puis simplement parce que moi ce départ ne m'effrayait pas...Au contraire.

Le bus démarrait lentement, à l'intérieur une quarantaine de gamins surexcités tapaient au carreau et faisaient de grands coucous à leurs parents. Ces derniers, persuadés que leur progéniture entendait parfaitement à l'intérieur animaient tous leurs lèvres pour prodiguer les derniers conseils.
A l'époque, si on savait lire sur les lèvres on pouvait deviner des "Mange pas tous tes bonbons avant d'arriver !" "T'as bien pris ta ventoline ?" et autres "Embête pas les moniteurs hein !"

Et puis on perdait rapidement de vue la foule des parents amassés devant la mairie...Si on jetait un oeil dans le rétroviseur du bus, on pouvait se rendre compte que ces derniers , visiblement rapidement remis de notre départ s'éloignaient déja en direction de leur voiture...
Situation assez semblable dans le bus...Tout ceux qui pleuraient quelques minutes plus tôt avaient séché leurs larmes...Il y en avait toujours un pour renifler en silence durant tout le trajet, mais dans l'ensemble, la tristesse du départ faisait bien vite la place à d'autres sentiments..

Les premières minutes se déroulaient dans un silence assez éloquent...Chacun observant un peu les autres...Silence troublé uniquement par les bruits de papiers qu'on arrache, les bruits de plastique qu'on peine a déchirer pour réccupérer sa madeleine...Premiers bruits de mastiquation, premiers bonbons fruitella sur le bout de la langue, dont les saveurs fruités venaient agréablement chatouiller le haut du palais...Ces bonbons pour lesquels il fallait à chaque fois ouvrir un petit papier...Ils auraient pu faire comme pour les mentos, ça aurait été quand même plus simple...Et puis premières bd's sur les genoux et les premiers discussions qui s'engagent...

-Oh toi aussi t'es abonné au journal de Mickey ?? Tu l'as lu celui ou Pat Hibulaire fait semblant d'être gentil pour que sa grand mère sache pas qu'il est l'Ennemi public numéro 1 ?
-Oh oui je l'ai lu ! Mais c'était dans un Super Picsou Geant non ?
-Ah ouiiiiii c'est vrai ! Il était trop bien hein !

Ainsi était scellée une amitié...On venait de trouver un compagnon de chambre pour les deux semaines à venir...

Après quelques heures de route, l'autobus ralentissait et pénétrait à l'intérieur d'un grand complexe, mélange de batiments beiges et blancs, et de tentes bleues immenses.
On descendait tous du car, se précipitant pour réccupérer nos bagages dans les soutes, et puis les moniteurs appelaient tour à tour les enfants de chaque tranche d'âge.

-Les 6-8 ans vous venez avec moi ! Criait un grand dadet de 18 ans à peine à une foule de petits sautillants dans tous les sens.

-Les 8-12 par ici ! Lançait une jeune fille à peine plus vieille, l'air souriant aux enfants de mon âge.

On prenait alors sa nouvelle amie par le bras et puis on se dirigeait vers la monitrice en tirant péniblement un sac bien trop lourd derrière soi.

Première journée de colo...On choisissait sa chambre, ses futurs amis...On passait le premier après-midi dans son nouveau petit chez soi, assis en haut sur son lit superposé, les jambes se balançant dans le vide, échangeant quelques bonbons avec les collègues et puis échaffaudant les plans de la première nuit...Une nuit blanche forcément...

-Chiche on dort pas cette nuit ! Et on mangera pleins de bonbons...

-Oh ouais !

Réponse enthouiaste et à l'unisson des 6 filles de la chambre...Et puis 23h30 le soir même...5 ronflements, et moi sur mon lit, par dessus la couverture parce qu'il fait trop chaud, les mains derrière la tête...J'arrive pas à dormir et je suis la seule à avoir tenu au final...Les monos sont venus gueuler une fois, deux fois, puis la troisième ont menacés de nous faire dormir dehors...Alors 5 filles pas spécialement rebelles sont revenues à la raison...Et moi j'attends que ça se passe...Je n'arrivais jamais à dormir la première nuit...

Les deux semaines qui suivent c'est des tas de souvenirs particuliers...A commencer par des petits déjeuners emprunt de liberté...Quel plaisir d'arriver à 8h du matin en pyjama et en chaussons dans le grand refectoire qui sent si bon le chocolat chaud...De constater avec délice que c'est nous qui décidons ce qu'on veut manger et comment on accomode tout ça...Alors on teste les cornflakes à la confiture de fraise...Le pain trempé dans le thé avec du nutella en petite portion...

Les deux semaines qui suivent c'est aussi d'autres nuits ou le sommeil ne vient pas...C'est cette année ou Martial, un mono venait chaque soir dans notre chambre plongée dans le noir, s'asseyait sur la table au milieu de la pièce et nous racontait l'histoire de ce bouquin qu'il avait lu quelques années plus tôt... "Le mystère de la nuit des pierres"...J'ai jamais oublié le calme et la beauté de ces débuts de nuit, un silence estival et doux, uniquement troublé par sa voix calme qui nous racontait l'histoire de Netra le petit bossu...

Les deux semaines qui suivent c'est des après-midi à la plage, marcher pendant un quart d'heure, serviettes autour du cou, sous un soleil éclatant, en chantant "1 kilomètre à pied ça use, ça use"...Et puis le test boléro...On vous enfile un gilet de sauvetage un peu serré, dont le seul intérêt c'est le petit sifflet jaune dans la poche qui est rigolo à utiliser. Et puis on vous jette d'un zodiaque (ces grands bateaux à moteur rouges et noirs qu'on dirait les boués d'Alerte a Malibu version super grand) et on vous demande d'aller de l'autre côté à la nage...
C'est aussi les baignades super surveillées, pas le droit de quitter le périmètre, constitué de petites boués rouges et jaunes...Et c'est la ruse de quelques gamins qui poussent légèrement le périmètre un peu plus loin...Parce que c'est pas drole quoi d'avoir de l'eau que jusqu'aux genoux !

Les deux semaines qui suivent c'est des veillées inoubliables, des soirées magiques, des moments comme plus jamais on en revivra...C'est jouer au foot jusqu'à plus soif pendant que la nuit tombe et que dans l'air ça sent les grillades qu'on a mangé juste avant, c'est des immenses parties de "douanier-contrebandier", courir à l'aveuglette, toujours dans le noir, hurler parce qu'on s'est fait attraper...Et ma fameuse cachette ou je cachais mon papier et que donc on l'a jamais retrouvé... Les soirées ou les monos s'amusent à nous faire peur avec des histoires de dame blanche...C'est la nuit des étoiles le 8 aout...Tout le groupe des 8/12 ans, allongé sur des couvertures juste derrière le batiment ou se trouvait nos chambres, a contempler l'immensité d'un ciel qui est rarement aussi beau que cette nuit la de l'année...

Les deux semaines qui suivent c'est des premiers amours, c'est des bisous, cachés dans le grand labyrinthe en bois au milieu de la colo, c'est des visites en cachette dans la chambre des garçons, en se faisant choper...C'est aussi des boums...Des soirs ou exceptionellement l'heure du coucher passe de 21h30 à 23h...Ou on passe la soirée à danser sur de la dance et sur le dernier tube de l'été , avec nos baskets à scratchs, nos bermudas et des grands t-shirt pour tenue de gala (jsuis sure que maintenant les filles en colo pour les boums elles ressemblent à des ados de 16 ans et qu'elles se maquillent à même pas 10 ans). C'est le moment des slows ou d'un coup la piste se vide...Puis se re-remplit progressivement de quelques couples qui dansent en se touchant du bout des doigts, a environ 50 centimètres l'un de l'autre...C'est toujours des histoires, des disputes, une fille qui sort dehors en pleurant parce qu'un garçon lui a dit quelque chose de méchant, et toutes ses copines qui sortent la soutenir en lui expliquant que de toute façon c'est bête un garçon...

oOo Et puis... oOo

Les deux semaines qui suivent c'est forcément un dernier soir...Retour à la position du premier soir, les bras derrière la tête, par dessus les couvertures...On est plus la seule à être réveillée cette fois...On parle pour la dernière fois avec ses amis, dans le noir...On se dit qu'on se reverra...Puis on se dit aussi que ça fera drôle le lendemain soir, de dormir sans personne dans la pièce...Sans ronflements gênants, sans personne qui parle dans ses rêves, sans mono qui vient gueuler à cause du bruit, sans fous rires...Et puis que les petits déjeuners n'auront plus le même charme, plus les mêmes odeurs...C'est douloureux le dernier soir en colo...C'est les premières nostalgies de l'enfance...C'est savoir que c'est la fin de quelque chose de magique...C'est savoir que le lendemain , comme au premier jour, ils seront beaucoup à pas avoir envie de monter dans le bus, et c'est savoir que je serais aussi de ceux là...

On a pas envie de s'endormir ce soir là, on a envie que cette dernière nuit dure toujours...Malheureusement, le sommeil se fait plus fort que notre volonté...On se réveille le matin du dernier jour...Il fait grand soleil...On part déjeuner, encore pateux parce que tout de même on s'est endormis tard...Dans le self pas un bruit, si ce n'est celui des cuillères contre les bols...Et puis on retourne dans nos chambres, on fait nos sacs, les monos passent faire l'inventaire avec nous pour faire l'état des lieux de tout ce qu'on a perdu...Les couvertures sont enlevées des matelas, les valises posées dessus...Et deja l'endroit sonne vide, il ne nous appartient plus...On songe avec jalousie à ceux qui vont arriver dans l'après-midi, ces 8/12 ans qui vont prendre notre place pour 2 semaines...Qui au moment ou on y pense viennent de devenir amis dans un bus à quelques kilomètres de la grace à une passion commune pour "Le journal de Mickey".

Et puis l'heure du départ arrive...On remet les sacs dans les soutes, on grimpe dans le bus à reculons... Mi-tristes de partir, mi-heureux de retrouver ses parents...Même quand on était parti avec joie, après 2 semaines ils manquent quand même...
Pendant le trajet c'est plutôt joyeux comme ambiance, on chante à tue tête "En colonie d'vacances, la si la sol, en colonie d'vacances la si la sol fa mi, on sautait sur les lits (8)", rien à voir avec la timidité du premier jour...On s'éloigne de la colo et on oublie au fur et à mesure qu'on est triste de partir...
Lorsque la mairie de chez nous est en vue, le bus se transforme en une marre de cris, "On est arrivés ! On est arrivés !". On distingue deja nos parents à nous au loin, on a un ptit truc dans le ventre d'excitation d'être revenus.Même si une partie de nous est encore la bas...La ou les nouveaux viennent surement de prendre possession de notre chambre...
On essaie de tous descendre du bus en même temps, et avant même de prendre nos affaires on saute dans les bras des parents. A eux, même nos conneries ont manqué...Alors ils le montrent pas, mais ils sont émus de nous retrouver.

Puis après les retrouvailles, on vient réccupérer nos valises dans la soute, et la on croise nos amis qui font de même, et on se regarde, et on sait que ca y est c'est fini...On se dit au revoir, on échange les adresses, c'est sur qu'on se reverra, on habite dans la même ville après tout...

Et puis on les revoit pas pour la plupart...Le destin fera qu'un jour l'un d'entre eux sera dans notre classe au collège ou au lycée, et on se rapellera qu'on s'est connus avant..."On était pas en colo ensembles ? "Siii ! C'est bien ce qui me semblait !"...Mais on en parlera pas plus que ça...Y a bien longtemps qu'on a délaissé les "Journal de Mickey", et les Fruitella, bien longtemps que les colos on y va plus...

Y aura aussi tout ceux qu'on ne reverra plus...Ou avec qui on échangera des ptits sourires presque gênés quand on les croisera dans la rue, sans pour autant s'attarder à leur parler...

Les amitiés de colo, c'est comme la colo en elle même...Magique, particulier, éphemère...Et en même temps c'est ce côté éphemere qui rendait la rose du Petit Prince si précieuse...Alors après tout...

"L'essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien...que quand on part en colo ^^"

# Posté le vendredi 26 janvier 2007 11:20

Modifié le vendredi 26 janvier 2007 12:46

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oOo Music was my first love oOo

(8) Ces enfants aiment leur père avec une impatience, qui le laissera vieillir, juste après leur enfance...(8)

On m'a appris les mots
Puis on m'a pris les rêves
On m'a offert les maux
Puis ta vie qu'on m'enlève...

Tu sauras jamais mes envies
Tu sauras jamais mes enfants
Tu saurais jamais si j'ai ri
Le jour d'mes 18 ans

Tu sauras jamais mes conn'ries
Mes idées un peu bêtes
Tu sauras jamais que d'ici
C'est dingue comme j'te regrette

Tu sauras jamais tous mes mots
Ceux qui parlaient de toi
Ceux qui débordent trop
Ceux qui manquent parfois

Non,tu sauras jamais...
C'est bien ça le problème
Et moi j'saurais jamais
Si même de là tu m'aimes

J'aurai aimé grandir
Soulée par tes règles à la noix
J'aurai voulu t'maudire
Puis j'tobéirais pas

De fugues en coups de sang
De colères en sourires
Ton rôle de parent
M'aurait moins fait souffrir...

Il y a si peu de mots
Que d'autres n'ont pas dit
Pour exprimer tout haut
Cette sensation...Ce cri

Qui démange à voix basse
Qui brule et qu'on retient
Cette envie que ça passe
Cette boule qui revient

On m'a appris les mots
On m'a pris bien trop d'air
On m'a laissé les maux
Quand on m'a pris mon père

oOo

(8) Et puis...D'oublier la vie...D'un homme extraordinaire (8)

# Posté le mercredi 24 janvier 2007 17:14

Modifié le mercredi 24 janvier 2007 20:50